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Level, NinjaOne, Atera ou ManageLM : comment piloter un parc informatique ?
· Michel Aguilera
Lecture : 11 min · Pour les curieux, sans prise de tête
Gérer un parc informatique, c’est un peu comme tenir une flotte de voitures : il faut savoir lesquelles tournent, lesquelles ont besoin d’une révision, et pouvoir intervenir sans forcément se déplacer. Pendant longtemps, ça voulait dire se connecter machine par machine, ou installer un serveur « chez soi » pour tout piloter. Aujourd’hui, beaucoup d’équipes passent par un RMM cloud — un tableau de bord en ligne qui parle à vos PC et serveurs via un petit agent.
J’ai regardé trois RMM cloud bien connus — Level, NinjaOne et Atera — et je les ai mis en regard d’une approche plus locale / souveraine avec ManageLM. Mon angle : quelles différences d’approche, et surtout qui convient le mieux à une petite structure. Ton de blog perso, sources publiques, zéro blabla marketing inventé.
C’est quoi, un RMM ? (en deux minutes)
RMM, ça veut dire Remote Monitoring and Management : surveillance et gestion à distance. En pratique, vous installez un agent (un petit programme) sur chaque machine. Cet agent remonte l’état du PC ou du serveur vers une console : disque plein, mise à jour manquante, service planté, antivirus désactivé…
Depuis cette console, vous pouvez aussi prendre la main à distance, lancer des scripts, planifier des correctifs, et automatiser des tâches répétitives. L’idée : passer moins de temps à « faire le tour des machines », et plus de temps à régler ce qui compte vraiment.
Les trois premiers outils de cet article sont des RMM cloud pensés surtout pour les postes et serveurs d’entreprise (Windows, macOS, Linux). ManageLM, lui, joue une autre partition — on y revient plus bas.
Level : le RMM « lean », tarif transparent
Level (level.io) se présente comme un RMM navigateur, sans serveur à installer chez vous. L’agent part vers le cloud ; pas besoin d’ouvrir des ports entrants ni de VPN pour le quotidien. Windows, macOS, Linux.

Level : une console RMM cloud pour surveiller, automatiser et prendre la main (source : level.io).
Ce que j’y retiens, d’après leur site et leur doc :
- monitoring et alertes, inventaire, patch management (OS et tiers) ;
- remote control dans le navigateur, scripting, automations (déclencheurs, tags, groupes) ;
- gestion « en arrière-plan » sans forcément déranger l’utilisateur ;
- SSO, MFA, rôles, journal d’activité ;
- intégrations vers PSA / tickets / docs (Halo, ConnectWise, Hudu…), mais pas de PSA intégré — Level assume de rester un RMM, pas une suite « tout-en-un ».
Licence et coûts (pricing officiel Level, octobre 2026) : les 10 premiers appareils sont gratuits, toutes fonctions incluses. Au-delà, 2 $ par appareil et par mois, mois par mois, sans engagement annuel. Facturation sur le pic d’appareils du mois. Pas de tarif « par technicien » : vous ajoutez des comptes équipe sans racheter un siège. Volume pricing au-dessus de ~2 000 appareils, sur contact. Remise 10 % associations / éducation.
Ce que j’aime. La simplicité tarifaire (enfin des chiffres sur la page), le free tier réel pour tester, l’interface moderne, le focus RMM sans usine à gaz.
Ce qui me freine un peu. Pas de ticketing / facturation intégrés : il faut brancher un autre outil si vous vendez du support. Moins « suite MSP complète » que NinjaOne ou Atera.
Une intro officielle que je trouve parlante (Welcome to Level – Getting Started Guide) :
NinjaOne : la plateforme MSP « tout sous le même toit »
NinjaOne, c’est l’un des noms qui revient le plus quand on parle RMM côté MSP et IT interne. Cloud-native, sans infra on-prem à maintenir. Leur promesse : remplacer plusieurs outils (RMM, accès distant, patch, parfois backup, ticketing, doc, MDM…) par une seule console.

NinjaOne RMM : monitoring, patch, remote et automatisation dans une plateforme unifiée (source : ninjaone.com).
D’après leur site produit :
- monitoring temps réel, alertes, auto-remediation ;
- patch OS (Windows / macOS / Linux) et applications tierces (ils annoncent plus de 200 apps) ;
- plusieurs options d’accès distant, automatisations, app mobile ;
- documentation native, portail self-service, suivi de garanties ;
- intégrations PSA (ConnectWise, Autotask, etc.).
Licence et coûts. NinjaOne facture par appareil géré, pas par technicien. Sur leur page MSP, ils indiquent une fourchette publique indicative : environ 3,75 $ / appareil / mois pour ≤ 50 endpoints, descendant jusqu’à environ 1,50 $ à 10 000 endpoints (région, modules et engagements peuvent faire varier). Le détail complet passe souvent par un devis. Des sources tierces (à prendre avec du recul) évoquent parfois un plancher autour de 50 appareils pour les nouveaux comptes — je n’ai pas de confirmation officielle figée sur le site, donc à vérifier directement avec eux. Essai gratuit, onboarding et support présentés comme inclus.
Ce que j’aime. L’ampleur de la plateforme, la maturité MSP, le « un seul outil » quand on grandit.
Ce qui me freine un peu. Moins de transparence tarifaire qu’Level ; modules (backup, MDM, doc…) peuvent s’ajouter ; pour une très petite flotte, le ticket d’entrée peut sembler lourd face à 2 $/appareil sans minimum affiché chez Level.
Une présentation courte (What is NinjaOne?) :
Atera : payez le technicien, pas chaque PC
Atera joue une carte différente — et franchement intéressante pour une petite boîte. Au lieu de facturer chaque appareil, ils facturent par technicien, avec appareils illimités (et clients illimités, dans leur discours MSP). RMM + helpdesk / ticketing + patch + automatisations, le tout saupoudré d’IA (AI Copilot inclus dans les plans ; Robin comme agent autonome en option / produit associé).

Atera : démo produit RMM, PSA et accès distant (visuel issu de la vidéo officielle Atera Demo and Product Tour).
Ce que j’y vois côté produit :
- agent sur Windows, macOS, Linux ; monitoring, alertes, scripts ;
- patch management et déploiement logiciel ;
- accès distant via partenaires intégrés (Splashtop, AnyDesk, etc. selon les plans) ;
- ticketing / portail utilisateur dans la même suite ;
- add-ons : Network Discovery, Work from Home, marketplace.
Licence et coûts (schéma JSON / offres publiées sur atera.com/msp-pricing, octobre 2026 — montants en USD / tech / mois) :
- Pro : 129 $ (annuel) / 139 $ (mensuel) ;
- Growth : 159 $ (annuel) / 189 $ (mensuel) ;
- Power : 209 $ (annuel) / 249 $ (mensuel) ;
- Enterprise / Superpower : sur devis.
Essai 30 jours annoncé sans carte bancaire. Chaque personne qui ouvre la console = une licence technicien. Add-ons en sus.
Ce que j’aime. Le modèle « croissez en appareils sans faire exploser la facture » ; le tout-en-un (tickets + RMM) pratique quand on est 1 ou 2 dans l’IT.
Ce qui me freine un peu. Dès que l’équipe technique grossit, le coût par siège monte vite ; certains add-ons et outils marketplace sont en plus ; l’IA est très mise en avant — à tester chez vous pour voir si ça colle à votre façon de bosser.
La démo produit officielle :
ManageLM : gestion de parc… mais pas le même métier
Là, je change de registre — et je préfère le dire clairement. ManageLM (RCDevs, Luxembourg) n’est pas un RMM classique « flotte de PC de bureau + patch Windows + prise en main type TeamViewer ». C’est une plateforme de gestion de serveurs assistée par IA : inventaire profond, monitoring de services, audits sécu, PKI, sauvegardes chiffrées, rotation de credentials… et une interface où l’on peut parler en langage naturel à l’infra (agents + LLM local possible).
Deux modes de déploiement : cloud SaaS (app.managelm.com) ou self-hosted (Docker / package) — c’est là que ça rejoint l’idée d’une gestion de parc locale / souveraine.

ManageLM : console de gestion de flotte serveurs, assistée par IA (source : managelm.com).
Points qui m’ont marqué sur leur site et leur doc :
- agents Linux / Windows, connexion sortante (pas de port 22 ouvert pour le pilotage) ;
- 33 « skills », allowlist de commandes, sandbox noyau (Landlock / seccomp) — l’IA est traitée comme non digne de confiance par défaut ;
- inventaire riche (services, paquets, conteneurs, bases, ports…) ;
- audits, frameworks de conformité, pentests intégrés (selon offres) ;
- LLM local (Ollama…) pour garder les données chez vous, ou LLM cloud ; mode « No LLM » possible.
Licence et coûts (lic.managelm.com) :
- Free : 0 $, jusqu’à 10 agents / serveurs, toutes fonctions listées — et édition self-hosted incluse dans l’offre ;
- Pro : 99 € / mois, 25 serveurs ;
- Business : 199 € / mois, 50 serveurs ;
- Enterprise : sur devis.
Sur le self-hosted, les plafonds SaaS sur moniteurs / backups / certificats ne s’appliquent pas de la même façon (illimités côté hardware, d’après leur doc Docker).
Ce que j’aime. La souveraineté (self-host + LLM local), le free 10 serveurs, l’approche sécu « IA bridée par le code », le focus serveurs / infra.
Ce qui me freine un peu (dans ce comparatif). Ce n’est pas le remplaçant direct d’un Level / NinjaOne / Atera pour une flotte de laptops utilisateurs : patching de parc bureautique, RMM MSP multi-clients, ticketing PSA… ce n’est pas le même produit. À comparer surtout si votre « parc » = des serveurs et que vous voulez de l’admin assistée / agentique.
La visite guidée officielle (ManageLM Full Platform Tour & Installation) :
Cloud RMM vs gestion locale : ce qui change vraiment
Avant de départager les trois RMM, un mot sur le choc des approches — parce que c’est souvent ça, la vraie question pour une petite structure.
| RMM cloud (Level, NinjaOne, Atera) | Gestion locale / souveraine (ex. ManageLM self-hosted) | |
|---|---|---|
| Où vit la console ? | Chez l’éditeur (SaaS) | Chez vous (Docker / serveur) |
| Mise en route | Compte + agents, souvent le jour même | Installer / maintenir la plateforme |
| Mises à jour produit | Automatiques côté éditeur | À votre charge (mais vous maîtrisez) |
| Données / confidentialité | Chez un tiers (contrats, régions, certifications) | Restent dans votre périmètre |
| Parc typique | Postes + serveurs, support utilisateurs | Serveurs / infra (ManageLM) |
| Coût caché fréquent | Abonnement qui suit la flotte (ou les sièges) | Temps d’admin + machine d’hébergement |
En une phrase : le cloud RMM, c’est « je délègue la console, je gagne du temps ». Le local, c’est « je garde la console, j’assume l’exploitation ». Ni l’un ni l’autre n’est « mieux » en absolu — ça dépend de votre appétit pour l’hébergement et de vos contraintes (RGPD, clients, air-gap, budget temps).
ManageLM a d’ailleurs l’élégance de proposer les deux : SaaS pour démarrer, self-host quand la souveraineté devient non négociable.
Le match en un coup d’œil
| Level | NinjaOne | Atera | ManageLM | |
|---|---|---|---|---|
| En une phrase | RMM cloud lean, prix clair | Plateforme MSP unifiée | Suite IT + tickets, prix / tech | Admin serveurs + IA, cloud ou local |
| Hébergement | SaaS | SaaS | SaaS | SaaS ou self-hosted |
| Modèle tarifaire | Par appareil (2 $/mois) | Par appareil (devis / fourchette) | Par technicien (illimité devices) | Par nb de serveurs / agents (€) |
| Free / essai | 10 appareils gratuits | Essai gratuit | Essai 30 jours | 10 agents gratuits |
| Ticketing / PSA | Via intégrations | Natif + intégrations | Natif (helpdesk) | Pas un PSA classique |
| Cible forte | Petites flottes, RMM pur | MSP / IT qui grossit | Petites équipes tech, beaucoup d’endpoints | Flottes serveurs, souveraineté, IA |
Petites structures : mon premier réflexe
Je me mets dans la peau d’une PME, d’un indépendant IT, d’un tout petit MSP — disons moins de 100 appareils, une ou deux personnes qui « font l’IT ».
- Level, si je veux un vrai RMM sans m’embarquer dans une suite, avec un tarif que je peux calculer sur un coin de table (10 gratuits, puis 2 $). C’est souvent mon premier candidat pour une petite flotte de postes.
- Atera, si je suis seul ou à deux et que j’ai beaucoup de machines (ou beaucoup de clients) : le prix / technicien devient vite rentable, et j’ai tickets + RMM dans la même boîte.
- NinjaOne, quand je sens que je vais industrialiser (process MSP, modules, volume) et que je préfère une plateforme mature même si le devis demande un coup de fil.
- ManageLM, si mon sujet n’est pas le parc de laptops, mais une petite flotte de serveurs — et surtout si je veux pouvoir self-hoster et parler à mon infra (avec garde-fous). Les 10 agents gratuits, c’est parfait pour un lab ou une micro-prod.
Et si je dois mélanger les deux mondes ? Ce n’est pas interdit : un RMM cloud pour les postes utilisateurs, ManageLM (ou un équivalent local) pour les serveurs sensibles. Les outils ne se marchent pas forcément sur les pieds.
La réflexion à avoir avant de choisir
Avant de sortir la carte bancaire, je me pose toujours la même question : qu’est-ce que la personne qui va administrer doit pouvoir faire, concrètement, dans une semaine ordinaire ? Pas « quel outil a le plus de logos sur la page d’accueil » — plutôt : quelles tâches, sur quel type de machines, avec quelle contrainte de confiance.
Quelques pistes que j’utilise pour cadrer le choix :
- Monitoring & alertes : est-ce que je veux surtout être prévenu (disque plein, service down), ou aussi remédier automatiquement ?
- Patching : OS seulement, ou aussi les applis tierces ? Sur des PC utilisateurs (Windows / Mac) ou surtout des serveurs Linux ?
- Accès distant : prise en main ponctuelle pour dépanner un collègue, ou console d’admin serveur (shell, scripts, sans déranger un utilisateur) ?
- Tickets / helpdesk : j’ai déjà un outil, ou j’ai besoin que le RMM embarque le ticketing (Atera / NinjaOne côté suite) ?
- Flotte PC vs serveurs : un RMM cloud type Level / NinjaOne / Atera brille sur le parc postes ; ManageLM se positionne plutôt sur l’infra serveur (inventaire profond, sécu, IA bridée). Mélanger les deux n’est pas tabou.
- Cloud vs local / souveraineté : est-ce que je tolère une console SaaS (simplicité, mises à jour éditeur), ou est-ce que les données et le pilotage doivent rester chez moi (self-host ManageLM, LLM local) ?
- Qui paie quoi : peu de machines → un tarif par appareil clair (Level) peut suffire ; beaucoup de machines et peu de tech → un tarif par technicien (Atera) mérite le calcul ; croissance MSP / modules → un devis NinjaOne à comparer sans se fier qu’au slide marketing.
- Taille réelle : « petite structure », ça veut dire 15 PC dans un cabinet… ou 800 endpoints chez un mini-MSP. Le même outil ne sonne pas pareil dans les deux cas.
En résumé : je choisis d’abord mon périmètre de tâches et mon niveau d’exigence (souveraineté, tickets, type de parc), ensuite l’outil. Les prix cités plus haut sont un instantané d’octobre 2026 — les pages officielles font foi, et un devis reste utile dès que le volume ou les modules entrent en jeu.
En conclusion
Trois RMM cloud, trois philosophies. Level mise sur la clarté et le RMM concentré. NinjaOne sur la plateforme complète qui grandit avec vous. Atera sur le forfait technicien et le duo RMM + tickets. Et ManageLM rappelle qu’on peut aussi gérer un parc autrement : plus près des serveurs, avec de l’IA bridée, et la possibilité de tout garder chez soi.
Pour une petite structure qui gère surtout des postes, je commencerais souvent par Level (ou Atera si j’ai besoin du helpdesk et beaucoup d’endpoints pour peu de tech). Pour une petite structure qui gère surtout des serveurs et tient à la souveraineté, j’ouvrirais un compte ManageLM free — voire le self-host — avant d’acheter une suite MSP.
Le meilleur juge reste votre lab : dix agents ici, un essai là, et une après-midi à tester la prise en main. Amusez-vous (un peu) — c’est aussi pour ça qu’on fait de l’IT.
Références
Level
NinjaOne
- Site officiel / RMM
- Tarifs MSP (fourchettes)
- Tarifs
- Vidéo : What is NinjaOne?
- Vidéo : What is RMM software?
Atera
- Site officiel
- Produit RMM
- Tarifs MSP
- Modèle de pricing (support)
- Vidéo : Atera Demo and Product Tour
- Vidéo : Atera’s RMM Training Webinar
ManageLM